Historique de la Fondation

D'un collier de diamants à un collier de pierres...

Le 26 janvier 1853, le Conseil Municipal de Paris « vote une somme de 600 000 francs pour l’acquisition d’un collier de diamants » destinée à l’Impératrice Eugénie, épouse de l’Empereur Napoléon III. L’impératrice refuse le collier et exprime son souhait qu’avec cet argent, soit créé « un établissement d’éducation gratuite pour les jeunes filles pauvres », ce qu’entérine une seconde délibération de la Ville le 28 janvier. Cette somme servira à la construction d’un bâtiment situé sur les dépendances de l’ancien marché à fourrages rue du Faubourg Saint-Antoine, dans le 12ème arrondissement.

En hommage au geste généreux de l’Impératrice, l’architecte Hittorf donnera aux bâtiments la forme du collier. Ce sont ces bâtiments qui encore aujourd’hui, abritent l’œuvre de l’Impératrice. L’œuvre elle-même est confiée aux Sœurs de la Charité de Saint-Vincent de Paul qui resteront présentes sur le site jusqu’en 1976.

Un établissement d'utilité publique :

Par le décret impérial du 1er octobre 1858, l’empereur Napoléon III fait reconnaître « comme établissement d’utilité publique, l’institution fondée à Paris par l’Impératrice Eugénie, notre chère et bien aimée Épouse, en faveur des jeunes filles pauvres et sous la dénomination de Maison Eugène Napoléon », du nom de son fils le Prince Impérial Louis Eugène, né en 1856, tué en Afrique australe par les Zoulous en 1879.

L’article 2 de ce décret précise que « la Ville de Paris est autorisée à concéder à perpétuité au profit de ladite Maison, la jouissance du terrain de l’ancien marché à fourrage du Faubourg Saint-Antoine, des constructions qui y sont élevées, du mobilier dont ces constructions ont été garnies ».

Les nouveaux statuts de la Fondation, portant modification des statuts de l’Orphelinat du Faubourg Saint-Antoine et dotant l’Institution d’un Conseil d’Administration de douze membres, seront approuvés au nom de la République française par la Préfecture de la Seine, le 1er décembre 1873.

Liquidation :

En raison d’une insuffisance de moyens, de difficultés de gestion et du retrait de la Ville de Paris qui n’a pas poursuivi la politique de subventions d’équilibre initiée par l’ancienne équipe municipale, la Fondation a d’abord été mise en redressement judiciaire puis en liquidation judiciaire, jugement exécuté le 26 février 2003. Des scellés ont été posés le vendredi 27 février à midi.

Les 20 classes ont toutes été accueillies par des établissements de l’Enseignement Catholique de Paris, rapidement mobilisés sur ce dossier. Dans l’urgence et afin de permettre aux 500 élèves de l’école primaire et du lycée professionnel de terminer leur année scolaire, l’Enseignement Catholique de Paris, obtient du mandataire liquidateur la cession en mars 2003 des activités d’enseignement de la Fondation et constitue pour cela l’OGEC « Sainte Clotilde » qui portera ces activités pendant la période d’empêchement de la Fondation et de recherche d’une solution pérenne pour les établissements scolaires.

Reprise de l’activité de l’école et du lycée par l’Enseignement catholique de Paris.

L’Enseignement Catholique de Paris se mobilise pour empêcher la liquidation définitive et la dissolution de la Fondation en réunissant des partenaires intéressés par le projet de la Fondation et capables de rassembler les moyens pour apurer le passif (1,4 M  €). Un accord pour le renouvellement complet du Conseil d’Administration est trouvé avec les anciens administrateurs, le liquidateur et le ministère de l’Intérieur.

Renaissance...

Monsieur Ludovic du Bot (déjà président de l’OGEC Sainte-Clotilde) est élu Président de la Fondation le 6 juin 2005 par le nouveau Conseil d’Administration de la Fondation et entame les démarches pour empêcher la liquidation définitive et la dissolution de la Fondation. Le TGI de Paris par jugement du 21 juillet 2005 ordonne la clôture des opérations de liquidation par apurement du passif.

La Fondation revenue « in bonis » peut poursuivre ses activités. Un protocole d’accord souscrit entre la Fondation Eugène Napoléon et la Ville de Paris est voté par le Conseil de Paris le 15 novembre 2005. Le permis de construire pour rénover les 12 000 m² de locaux inscrits à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments historiques est obtenu en février 2006. La concession à perpétuité des locaux par la Ville de Paris, attachée à la Fondation, est également confirmée. Le nouveau projet peut se développer.

La deuxième tranche de travaux qui s’est achevée à la rentrée des classes 2007 a permis l’ouverture d’un Foyer d’étudiantes de 48 chambres individuelles (6 chambres restent à faire) et d’accueillir près de 350 élèves des BTS de l’Institut « Rue Monsieur » désormais dans nos murs.

Les travaux effectués correspondent essentiellement aux interventions nécessaires au bon fonctionnement des établissements scolaires et à l’hébergement. Le budget de la Fondation ne permet pas actuellement d’entreprendre les travaux de restauration des locaux qui le mériteraient pourtant ! (notamment, Salon de l’Impératrice, Chapelle, Orgue, Horloge du Clocher) Nous espérons que le travail de notoriété et les avantages fiscaux liés au statut de Fondation reconnue d’utilité publique nous permettront de trouver des mécènes pour financer ce qui reste à faire…